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NUDGE TRANSITIONNEL

UN COUP DE POUCE ÉMOTIONNEL POUR ENCOURAGER DE NOUVEAUX COMPORTEMENTS

"chaque fois qu'un affect se modifie [...] c'est que le moi a agi " (Anna Freud, 1936)

 

Il est difficile aujourd'hui d'inciter les gens à adopter des comportements plus vertueux, même lorsque leur environnement est menacé (réchauffement climatique, crise sanitaire, égalité homme-femme, alimentation, montée des extrémismes, accès à la culture, solidarité inter-générationnelle, handicap, propreté dans la ville, le vivre ensemble...). Cette difficulté à changer est selon nous moins due aux biais cognitifs dont parlent tous les tenants du nudge qu'aux processus inconscients. L'appareil psychique de tous les individus se compose du ça, l'inconscient qui veut voir tous ses désirs se réaliser, du surmoi, qui veille au respect de la morale, et du moi qui active des mécanismes de défenses pour protéger l'équilibre intérieur, quand le ça entre en conflit avec les exigences de la réalité extérieure et voit ses désirs menacés. Le moi mobilise deux sortes de défenses : les super-adaptatives, qui débouchent sur de nouveaux affects et de nouvelles attitudes, et les mal-adaptatives, qui conduisent à une résistance au changement. Autrement dit, pour que les individus décident de changer de comportement ou de vision, il faut permettre à leur moi d'activer des défenses d'adaptation élevée grâce à un nudge qui tient compte du fonctionnement psychique et que nous avons appelé le nudge transitionnel.

Le nudge, littéralement "coup de coude incitatif", aide sans les contraindre ni les culpabiliser les individus à faire des choix plus vertueux. Ce coup de pouce simple et non onéreux modifie le comportement des gens sans les forcer et permet de faire des économies ou encore d'améliorer son image.

Selon les théoriciens du nudge, des biais cognitifs (préjugés, biais d'ambiguïté...) ou encore des conditionnements (habitudes de vie) entraînent des comportements dictés par l'urgence et la facilité et qui sont inadaptés ou sous-optimaux; pour inverser la tendance et inciter les individus à prendre des décisions et à agir de façon bénéfique pour eux-mêmes et les autres, le nudge utilise ces mêmes biais cognitifs ou conditionnements en en atténuant les effets réducteurs et globalisants responsables des erreurs de jugement et d'appréciation. En tirant avantage des biais cognitifs, le nudge est donc une méthode basée sur la cognition, sur le fonctionnement cérébral, sur le principe que l'individu prend telle ou telle décision parce que des connexions neuronales liées à la mémoire ou à l'attention se sont activées au contact de telle ou telle information extérieure.

Cette logique comportementale voire d'efficience occulte un aspect essentiel de la prise de décision : l'émotion. Dans sa forme actuelle, le nudge valorise la performance mais il oublie les ressorts de celle-ci, ce qui fait qu'elle réussit ou qu'elle échoue. Le nudge d'aujourd'hui considère les choix comportementaux comme une capacité cognitive, une compétence que l'on peut évaluer en lui attribuant des points. Cela ne suffit pourtant pas à encourager les actions vertueuses, dans beaucoup de domaines (écologie, santé, politique...), les changements d'attitudes peinent à voir le jour ou à perdurer malgré les nombreuses récompenses à la clé (meilleur cadre de vie...). Cela tient au fait que ce sont les émotions qui conduisent à l'activation de telle ou telle fonction cognitive, c'est d'abord la manière dont l'individu perçoit l'information extérieure dans ce qu'elle accompagne ou au contraire menace sa sérénité et ses projets (l'émotion) qui détermine ensuite les décisions comportementales prises (la cognition). Tout se joue donc d'abord entre les exigences de la réalité extérieure et l'illusion inconsciente d'être tout-puissant, qu'aucun obstacle ne peut empêcher la réalisation de ses envies ni remettre en cause le sentiment de stabilité intérieure. Il en résulte deux possibilités : soit les exigences de la réalité entrent en conflit avec l'illusion d'être tout-puissant, alors l'individu éprouve des émotions négatives contre lesquelles il se protège et refuse le changement, soit les exigences de la réalité coexistent avec l'illusion de toute-puissance, alors l'individu ressent des émotions positives qui le mettent en confiance et adopte de nouveaux comportements. Dans le second cas, quand les exigences de la réalité coexistent avec l'illusion de toute-puissance, on rejoint les phénomènes transitionnels évoqués par le psychanalyste Donald Woods Winnicott et qui sont des expériences (rêverie, création, jeu, culture...) qui permettent de marier ses ambitions internes avec celles de la réalité extérieure et de maintenir ainsi intacte le sentiment de bien-être, de pouvoir faire des projets à long terme sans trop être inquiété par les aléas du monde externe. C'est pourquoi nous parlons de nudge transitionnel, et celui-là s'attèle d'abord à favoriser des émotions positives, qui génèreront ensuite les actions vertueuses attendues.

NOTRE MÉTHODE

Pour évaluer si une information extérieure suscitera ou non de l'appétence ou un changement de comportement, nous nous basons sur l'effet de l'information en question sur les processus inconscients : est-ce qu'elle entraîne l'activation de mécanismes de défense de niveau adaptatif élevé, qui incitent à faire des choix vertueux, ou est-ce qu'elle provoque l'activation de mécanismes de défense immatures, qui débouchent sur le statu quo et une résistance à tout changement ?

Le nudge transitionnel a pour objectif de favoriser l'activation des défenses de niveau adaptatif élevé, qui sont au nombre de cinq (humour, sublimation, anticipation, répression et altruisme). Le but est, en utilisant des mots, des phrases, des images soigneusement étudiés, de faire la jonction entre une exigence nouvelle ou incontournable de la réalité et l'illusion que rien ne peut empêcher la réalisation de ses désirs, de faire en sorte que l'une n'empiète pas sur l'autre, ce qui est le signe que l'individu s'adapte à la nouveauté car celle-ci ne menace pas ses habitudes, ses envies, ses certitudes...

Plan de la méthode : 

      >  Phase 1 : recueil de données (quel est le message ? À qui s'adresse-t-il ? Avec quels supports ? Avec quels contenus ?...).

      >  Phase 2 :  repérer les éléments qui favorisent l'activation des défenses adaptatives (changement de comportement, adhésion à la nouveauté) et ceux qui mobilisent des défenses mal-adaptatives (statu quo, résistance au changement, désintérêt, fuite).

      >  Phase 3 : - préconisations : correction/ajustement de textes (choix des mots, tonalité, organisation des paragraphes...), suggestion d'images, enrichissement de pictogrammes, proposition de thèmes (exposition, événement...),

                       - et/ou création de textes, de pictogrammes...

Objectif : favoriser l'adhésion ou l'adoption de nouveaux comportements prônés par le message présenté.

     

Pour en savoir plus sur le Nudge transitionnel

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